Histoire de l’œuvre

Le Concerto n°20 pour piano, par W. A. Mozart, est un concerto composé en 1785, à quelques mois d'intervalle avec le Concerto n°21 pour piano en ut majeur, K.467. Créé à Mehlgrube (dans les environs de Vienne), le concerto est un tel succès que sa postérité sera significative et laissera place à l'écriture de cadences pour celui-ci par d'autres grands génies de la musique classique, tels que Ludwig Van Beethoven, Johannes Brahms ou encore Clara Schumann.

Achevé le 10 février 1785, le concerto est composé le lendemain d’un concert de souscription. A cette époque, Mozart habite depuis 3 ans à Vienne avec son épouse, Constance Weber. Dès lors que les commandes d’opéras se font rare, Mozart en conçoit sa motivation principale qui le poussera à écrire ce vingtième concerto. On suppose également que Joseph Haydn, père du classicisme, ait assisté, voire contribué à la création de l’œuvre. Le père de Mozart, Leopold, assistera notamment à la première de l’œuvre et informera sa fille, Nannerl, du récent succès de ce tout nouveau concerto. Il lui écrira :

J'ai entendu un excellent nouveau concerto pour piano de Wolfgang, sur lequel le copiste travaillait encore lorsque nous sommes entrés. Ton frère n'a même pas eu le temps de jouer le rondo car il supervisait cette opération de copie.

L’orchestre jouera donc le troisième mouvement à vue. Mozart, à l’habitude des classiques, dirigera et jouera depuis son siège de pianiste, improvisant les cadences sans qu’elles eurent l’occasion d’être conservées. Il est également intéressant de noter qu’il s’agit du seul concerto, avec le Concerto pour piano n°24 en ut mineur, écrit dans le mode mineur, ce qui est un plus quant au caractère unique de l’œuvre.

Instrumentation et caractéristiques de l’œuvre

Ecrit dans la tonalité de ré mineur, le concerto comporte 3 mouvements distincts :

a) Allegro, en ré mineur, en C, 397 mesures. Le Premier Mouvement adopte une forme sonate à double exposition. Son caractère empoignant et fougueux rend ce concerto à la fois unique et profondément mélancolique.

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b) Romance, en si bémol majeur, en C, 162 mesures. Second Mouvement du concerto, celui-ci s’expose sous la forme d’un rondo en cinq parties (A-B-A-C-A) et adopte la tonalité majeur relative du ton de ré mineur. La superposition de tierces annonçant le thème de celui-ci, ne laissera pas indifférents les amoureux des opéras mozartiens, dont les duos romantiques et romancés adoptent la même construction harmonique. La partie C, écrite en sol mineur, forme un contraste particulier avec le reste du second mouvement.

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c) Allegro vivace assai, en ré mineur, en C, se transformant en ré majeur à partir de la mesure 354, 428 mesures. Dernier Mouvement de l’œuvre, l’auditeur est replongé dans la tonalité première et principale du Concerto. Pointons également du doigt la troisième mesure de cet extrait ; cette quinte diminuée laisse apparaitre une tension provoquant un certain inconfort ; voilà ou ce début de rondo cherchait à nous emmener. Faisant suite à la cadence finale, la mélodie, introduite en fa majeur, est d’abord développée par les vents, sans quoi le piano ne tardera par à reprendre ce même thème. Le concerto se conclue sur le ton homonyme de ré majeur, tierce picarde à la mode des compositeurs baroques d’autrefois. ****

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L’œuvre est écrite pour :

  1. Des bois : Une flute, 2 hautbois, 2 bassons ;
  2. Des cuivres : Deux cors en ré (en si dans la Romance) ;
  3. Des percussions : Timbales en ré et la
  4. Un ensemble de cordes : premiers violons, seconds violons, altos, violoncelles, contrebasses.

L’œuvre dure aux environs de trente minutes, selon le tempo, la cadence jouée, etc.

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